Pour expliquer vite fait qui je suis : 16ar, 19 ans, étudiant en sociologie et militant pédé. Je participe à des trucs pour faire plier le patriarcat et le capitalisme. Je suis un fana des sciences sociales et j’ai un intérêt privilégié pour tout ce qui tourne autour de la sexualité et du pouvoir.
Quand j’ai pigé que j’étais « un pédé », j’ai compris que ma sexualité n’était pas vraiment ce que les gens autour de moi, ceux que je connaissais et ceux qui je ne connaissais pas, attendaient de moi. Alors ça m’a intéressé. Ça m’a à la fois intéressé de savoir en quoi cela dérangeait, même de manière infime, par rapport à mes camarades hétérosexuel·le·s, mais aussi pourquoi ça dérangeait.
Comprendre l’état et la cause de ce que je vis m’a amené par voie de conséquence à comprendre que ma vie, comme celle de tou·te·s les autres, n’est qu’une succession de rapports de force invisibles présents à chaque instant de notre vie. Car oui, ma sexualité est le produit de quelque chose qui me dépasse, d’une organisation social de la sexualité qui était là avant moi et qui a fortement orienté, voire façonné, ma manière de baiser, de contrôler mon corps, de percevoir autrui et d’agir avec ce dernier.
Je n’ai beau rien à voir à l’hétérosexualité, c’est pourtant elle qui m’a offert pour mes 13 ans mon stigmate, pour mes 17 ans mon statut d’HSH* et pour mes 19 ans mon sentiment d’insécurité. Cette mère culture dont je n’ai jamais souhaité et dont je n’ai aucun lien de filiation me suit pourtant à chaque minute, heure ou journée de ma vie : par son hégémonie sociale, par sa violence, par son souhait de me happer dès que je semble sortir de ses tentacules idéologiques, l’hétérosexualité ne cesse de me rappeler ma situation sociale, ma place d’individu inférieur dans toute cette organisation socialo-sexuelle produite par elle.
Sauf que cette mère culture, je l’emmerde. Je ne l’aime pas, elle me fait du mal, alors je réagis. J’essaie de le faire collectivement, en aidant et en obtenant l’aide d’ami·e·s pour combattre en masse cet ogre des collines. Quand je ne le fais pas collectivement, car c’est assez lourd au jour le jour, je le fais individuellement. Je le fais en tentant de rendre visible et ordonné tout ce qui s’efforce d’être invisible et désordonnée, par la lecture, la discussion et l’observation. Je le fais aussi en m’échappant dans l’imaginaire, l’artistique, l’expressif : matérialiser, en mots ou en art, ce qui bouillonne dans ma tête, que cela soit cohérent, fort de sens ou aucun des deux, est ma troisième arme contre la violence sociale.
Voilà l’objet de ce blog : servir de troisième arme. J’espère que vous trouverez le temps de me lire ou juste de m’observer; de réagir si vous le sentez. J’en serais ravi 😀
Tack och puss
16ar